Il y a quelques jours, je faisais une halte dans un village ardéchois engoncé dans la chaleur d’une veille de 15 août.
 A la terrasse paisible d’un café, à l’ombre des tilleuls, je sirotais un thé au citron. A deux pas, dans l’allée damée de sable fin, sous la protection bienveillante des gros arbres qui savent tiédir l’air brûlant, trois joueurs de pétanque étaient à l’oeuvre.
 L’un des acteurs de la scène, un grand gars costaud entre deux ages, le verbe haut, s’employait à ce jeu avec force gesticulations;
 il commentait chacun de ses gestes d’exclamations et onomatopées diverses et variées:
"Ahhhhhhh!! Elle y vaaaaaaaaaaaa!! Hoooooo…. Aie-aie-aie-aie!!! Houlààààààààààààààà Ouaiaiaiaiaiais!!!"
 L’autre, le plus jeune, le freluquet à la casquette vissée sur le crâne, ne perdait pas son temps. A peine le temps de tirer ou pointer(que sais-je?) Et de courir aussitôt
 …constater les dégâts!
Trop précipité ce jeune homme!
 Et le dernier, ah! le dernier, le plus vieux des trois, alors lui, il m’a fascinée.
Il était de petite taille, pantalon noir remonté par de larges bretelles et béret bien en place; son allure était si voûtée qu’on aurait dit qu’il avait planqué une boule de pétanque dans son dos. Mais celui-ci, il jouait sérieusement!
 D’adord il soupesait sa boule, la caressait, la retournait, la humait..
 Puis, concentré comme un athlète qui veut accomplir la performance de sa vie, il lançait sa boule!
 Chaque geste était d’une précision remarquable.
J’exaltais dans mon fauteuil: sa boule immanquablement allait se loger près du cochonnet!
Ah ce que j’aurais aimer aller jouer avec eux!
j’ai du quitter ce spectacle à regrets..
 Il reste, imprégné dans mon souvenir, ce halo de bonheur simple,
 révélé par trois joueurs de pétanque.

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