Archives pour juin 24th, 2011

La figure du Diable est, pour l’agnostique que je suis, d’un intérêt bien supérieur à celle de Dieu, son antithèse parfaite. Cette séparation entre deux mondes opposés – celui du Bien et celui du Mal- n’a probablement pas toujours existé. Elle s’est imposée en tout cas dans le monde Chrétien, mais existe aussi dans la religion « mère » du christianisme qu’est la religion juive et s’est aussi transmise à la musulmane dans laquelle le Diable, appelé Cheetan, occupe le même « créneau ».  Les Dieux anciens, qu’ils soient grecs, indiens, égyptiens ou Mayas ont des représentations aux caractères diaboliques comme Shiva chez les Hindous (destruction), Hadès (maître des enfers dans la Grèce antique), Kukulkan (le jaguar ou le serpent à plumes des aztèques et des Mayas).

A la différence des religions monothéistes méditerranéennes ces dieux anciens et exotiques étaient (ou sont) vénérés pour ce qu’ils sont : puissants, créateurs ou destructeurs.
Dans l’Europe médiévale les textes étaient copiés et recopiés par des moines qui obéissaient à l’ordre religieux dominant et il est probable qu’une censure stricte a effacé toutes traces écrites des pratiques « diaboliques » de l’époque.
Ces «diableries», qui ont du perdurer un certain temps dans les campagnes européennes, ont été l’objet d’une traque systématique, non seulement physique, comme en témoignent les nombreux cas relatés de sorcières brulées, mais d’un effacement de tous les textes y faisant allusion.

En revanche de nombreuses représentations du diable ont été crées lors de la construction des cathédrales et elles n’ont pas été effacées. Les tailleurs de pierre étaient alors des personnages très puissants et disposaient d’une assez grande liberté dans l’expression artistique. En dehors des gargouilles qui avaient une fonction utilitaire (celle de verser l’eau de pluie assez loin de la façade), ils ont crée les « chimères » et réparti des diables dans des endroits inattendus comme cette « miséricorde »de la cathédrale de Soissons. Dans certains cas, comme à Amiens, les artistes poussaient le « vice » jusqu’à parer ces diables des traits de bourgeois existant avec qui ils avaient un compte à régler !

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