Du temps où j’étais enfant, je devais étudier, fort
Le sport, j’en étais dispensée pour gagner du temps à faire fonctionner ma tête
Résultat  négatif : il fallait le savoir au départ, je n’ai pas de mémoire
Ce que j’ai retenu : à trop penser sur une chaise, on peut ne plus pouvoir marcher

A un moment, je me suis révoltée
Ils étaient là tous les deux, mon père et mon frère, à s’exciter devant un ballon rond à la télé
« corner » ils criaient, des trucs comme ça
Je n’y comprenais rien, je leur posais des questions
pas de réponse claire, c’était tout juste si ça n’était pas :
retourne à tes livres, ou va aider ta mère à la cuisine

Mon sang a bouilli, j’ai décidé de leur en remontrer
il a fallu attendre les premiers salaires, la liberté financière
J’ai adhéré à l’association sportive des PTT
(je n’étais pas PTT mais j’ai été bien accueillie dans l’équipe des femmes)

Ha ça, j’avais la rage pour taper dans le ballon
mais pour marquer des buts, il faut aller de l’avant
et je me suis vite retrouvée à l’arrière
parce que pour taper, d’accord, mais dans le cadre, le machin, vous comprenez…
il faut d’abord courir sur toute la longueur du stade ou du pré
j’arrivais devant le but, complètement essoufflée
pour envoyer une pichenette dans la boule, le ballon rond

Vous vous doutez bien que je n’ai pas joué longtemps
la gardienne s’en est pris un, de but, en plein dans les incisives de devant
et moi, suite à un tacle (qui ne figure toujours pas dans le dictionnaire)
je me suis tapé une entorse, grave de grave

Maintenant, le foot, je le regarde dans les grandes occasions
le jeu, je ne cherche plus à le comprendre
et c’est toujours avec effarement que j’observe le comportement des spectateurs



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Une réponse à “Footnik”
  1. Denis dit :

    J’ai été, je suis, je resterai fan - non, pas du foot, de Jeannine.

  2.