Je viens de chausser mes baskets. J’attache mes cheveux, vérifie l’heure à ma montre et ferme mon blouson- dernier- cri de la joggeuse qui se respecte. Ce n’est pas parce que dans un  1/4 d’heure je vais devenir écarlate et en sueur que je dois négliger la mode!
Je boucle les portes de ma voiture garée à proximité du parc.
Comme chaque soir depuis plusieurs semaines, je viens courir au parc St-Crépin, car j’ai pour ambition de participer au prochain marathon organisé par la ville.
Les grilles du parc sont entrouvertes, il n’y a pas un chat à l’horizon. Il est vrai que le printemps est frais et l’ambiance grisâtre..Pourtant le gros arbre de l’allée de gauche explose de fleurs  rose tendre.
Je commence à courir lentement; J’ai tout le parc pour moi seule aujourd’hui!
Des images envahissent ma tête: je vois des dizaines de personnes rassemblées pour le marathon, unies dans un même but: courir, se faire mal, se dépasser,avec cette folle envie de "tenir" jusqu’au bout.
Je les vois déjà massées près du poteau de départ.
"Prendre le départ": cette formule m’amuse..
Je m’imagine bien prendre le départ, et le prendre au pied de la lettre.
D’abord, je prendrai mon élan au milieu de tout ces gens tous prêts à prendre le départ; mais évidemment il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus, car le départ est unique!
Donc je partirai pile au signal et je capturerai le départ d’un geste sec! Mes doigts le happeront et le coinceront sous mon bras pour qu’il ne s’échappe pas.
Puis je continuerai ma course effrénée (mais je m’entraîne bien, j’ai confiance), et j’irai planter le départ triomphalement au poteau d’arrivée!

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